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RTE appelle à découpler l’énergie bas-carbone des fossiles

(Montel) La réforme en cours du marché européen de l’électricité doit permettre de « déconnecter les prix finaux des énergies décarbonées de ceux du gaz et du charbon », bien plus élevés, a déclaré le président du gestionnaire de réseau (GRT) français RTE, Xavier Piechaczyk.

De cette façon, les prix de l’électricité nucléaire, renouvelable et hydraulique pourraient « tendre progressivement vers leurs coûts de production [très bas] pour le consommateur », a-t-il dit dans un entretien avec Montel.

Pour cela, il préconise de « combiner » des contrats pour différence (CFD) et des contrats d’achat d’électricité de gré à gré (PPA) de long terme, ce qui enverrait « des signaux stables et de long terme incitant à investir dans des moyens de production décarbonés ».

Ces projets très capitalistiques ne sont rentables qu’au bout d’environ 15 ans pour les parcs éoliens et 40 à 60 ans pour le nucléaire, a-t-il souligné.

Encourager l’investissement

L’assurance d’une rémunération stable sur le très long terme abaisserait le coût de financement des installations », a ajouté le président de RTE.

Ce serait bénéfique pour le financement de la transition énergétique, le climat et l’économie car « les industriels et les Français s’électrifieront d’autant plus vite que l’électricité est peu chère de manière pérenne ».

Ces déclarations s’inscrivent dans le contexte de la crise des prix de l’énergie en Europe. Les factures des consommateurs se sont envolées quand le prix de l’électricité a atteint des sommets record dans le sillage de la flambée des prix du gaz à la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Toutefois, si une réforme est nécessaire, « il ne faut pas remettre en cause les fondamentaux du marché en tant que très bon système de dispatching d’électricité européen, libre et sans barrière, qui garantit la solidarité entre les pays européens de manière automatique et donc la sécurité d’approvisionnement des pays », a jugé M. Piechaczyk.

Importations

Cette solidarité a permis à la France d’importer « beaucoup d’électricité cet hiver », a-t-il rappelé.

Le pays est devenu importateur net l’an dernier pour la première fois depuis plus de 20 ans en raison de la faible production nucléaire et hydraulique.

La Commission européenne doit présenter ses propositions de réforme du marché de l’électricité en mars.

En outre, le président Emmanuel Macron veut construire six à quatorze nouveaux réacteurs nucléaires d’ici 2050.

Ceci est la deuxième partie d'un entretien avec Xavier Piechaczyk. Cliquer ici pour lire la première partie.