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EPR : Un défaut de contrôles pourrait retarder le démarrage
(Montel) Un défaut d’inspection pourrait retarder le calendrier d'EDF pour charger le combustible dans son réacteur EPR de Flamanville (Manche) d’ici la fin du mois, a appris Montel, dans un contexte de suspicion de fraudes.
Par: Muriel Boselli
Un délai dans le chargement du combustible, qui nécessite l'autorisation de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), retarderait le démarrage du réacteur de 1,6 GW, dont la mise en service commerciale est prévue pour le mois de juin.
La semaine dernière, le directeur adjoint de l'ASN, Julien Collet, a déclaré ne pas pouvoir dire si l’autorité serait en mesure, comme prévu, d’autoriser la mise en service de l’EPR de Flamanville fin mars, mentionnant « un travail d'évaluation de la conformité de la chaudière » à finaliser.
En effet, dans un courrier daté du 29 février, vu par Montel, l'ASN écrit que ses inspecteurs ont constaté, lors d'une visite effectuée du 12 au 14 février, que Framatome, fabricant responsable de la chaudière du réacteur, n'a pas inspecté les contrôles effectués par EDF de douze soupapes sur le site.
Framatome doit transmettre à l’ASN avant le 11 mars les dispositions qu’elle compte mettre en oeuvre pour remédier aux défauts de contrôle afin de respecter le calendrier de mise en service de l’EPR.
Le défaut de contrôles intervient après que l'ASN a signalé en janvier 43 cas de fraude l'année dernière, y compris des rapports de sûreté falsifiés, dont trois qui ont fait l’objet de signalements à la justice.
Selon le média « Reporterre », l’un des trois cas transmis à la justice concerne un fournisseur du chantier de l’EPR de Flamanville.
Contactée par nos soins pour savoir si ce nouveau défaut faisait partie ou pas des trois cas de fraudes transmis à la justice, l’ASN a répondu qu'elle « ne pour[ait] pas aller plus loin. Ni pour confirmer ni pour infirmer ».
Si l'ASN n'est pas en mesure d’autoriser le chargement du combustible à Flamanville d'ici la fin du mois, EDF manquera son objectif de démarrer le réacteur d'ici juin, a expliqué Yannick Rousselet, militant de Greenpeace.
Lors d’une réunion le 23 février de la Commission locale d’information (Cli), qui rassemble des ONG, des responsables syndicaux et le public, EDF a dit ambitionner d’ici fin juin une montée en puissance de 25% avant d’atteindre100% d'ici la fin de l'année, a précisé M. Rousselet.
Contactée, Framatome a indiqué que sa réponse à l’ASN s’inscrirait « dans la procédure habituelle d’instruction des courriers avec l’ASN », sans élaborer.
EDF a pour sa part indiqué qu'elle maintenait son calendrier de mise en service de l'EPR en mars.
Flamanville, un réacteur européen pressurisé (EPR) de nouvelle génération, accuse des années de retard et des milliards d'euros de surcoûts. Il souffre de difficultés similaires à celles rencontrées par d'autres EPR, tels que le réacteur finlandais Okiluoto 3, qui a finalement été mis en service l'année dernière.
Mise à jour de la dépêche publiée à 14h45 avec la réaction d’EDF